Packaging premium, comment afficher les signaux du luxe

Philippe Guibert
Packaging premium, comment afficher les signaux du luxe

Résumé : packaging premium, comment signaler le luxe sans le dire

Un packaging premium ne déclare jamais qu'il est haut de gamme. Il le fait percevoir avant que l'acheteur ait lu un mot, à travers des signaux visuels et tactiles précis : finitions, hiérarchie d'information, typographie, palette, espace. Confondre luxe, premium et faux luxe est l'une des erreurs les plus fréquentes et les plus coûteuses en création de packaging. Cet article détaille les mécanismes concrets qui créent la perception de valeur, les codes qui fonctionnent par secteur (cosmétique, animaux, lifestyle), et ceux qui trahissent immédiatement l'intention premium sans la tenir. Wiiv est une agence branding et packaging stratégique basée à Paris, intervenant à Bordeaux, Lyon et Milan.

Packaging premium : comment signaler le luxe sans le dire

Un packaging premium ne dit jamais "je suis haut de gamme". Il le fait ressentir avant que l'acheteur ait eu le temps de lire quoi que ce soit. Et c'est précisément là que la plupart des marques ratent.

Il y a une confusion fondamentale dans la façon dont beaucoup de fondateurs abordent le packaging premium. Ils pensent que signaler le haut de gamme, c'est une question de matières chères, de finitions dorées, de packaging noir avec un logo en relief. C'est parfois vrai. C'est souvent faux. Et c'est surtout beaucoup trop réducteur pour être utile.

La perception de valeur premium est un phénomène cognitif qui se produit en quelques dizaines de millisecondes, avant toute lecture, avant toute analyse consciente. Elle résulte d'un ensemble de signaux visuels et tactiles que le cerveau traite automatiquement et qui déclenchent une évaluation immédiate du niveau de la marque. Ces signaux peuvent être présents avec des budgets de production très variables. Et leur absence ne peut pas être compensée par un prix affiché plus élevé ou par un texte qui dit "qualité supérieure".


Luxe, premium, faux luxe : arrêtons de tout confondre

Avant d'entrer dans les mécanismes, il faut clarifier trois notions que le marché mélange en permanence, et dont la confusion produit des décisions de packaging systématiquement ratées.

Le luxe

Le luxe est un territoire à part. Il ne cherche pas à être accessible. Il ne cherche même pas nécessairement à être désirable au sens large. Le luxe crée de la rareté, de l'exclusivité, et une distance délibérée avec le grand public. Hermès, Chanel, Van Cleef et Arpels : ces marques n'essaient pas de convaincre l'acheteur que leur prix est justifié. Elles partent du principe que l'acheteur sait déjà qui elles sont et pourquoi il les choisit. Leur packaging traduit cette posture : sobriété absolue, codes propriétaires immédiatement reconnaissables, zéro effort pour "expliquer". Le luxe ne se justifie pas. Il s'assume.

Le premium

Le premium est un niveau de positionnement, pas un secteur. Une marque premium propose quelque chose de supérieur en qualité, en expérience ou en valeur perçue, à un prix significativement plus élevé que le marché standard, mais reste accessible à une cible relativement large. Aesop en cosmétique, Maison Kitsuné en lifestyle, Lily of the Valley en parfumerie niche : ces marques sont premium, pas luxe. Elles cherchent à être désirables et accessibles à une certaine cible, pas exclusives à une poignée d'élus. Leur packaging doit signaler la qualité supérieure tout en restant lisible, compréhensible, et désirable pour un acheteur qui découvre la marque pour la première fois.

Le faux luxe

C'est le territoire le plus peuplé et le plus dangereux. Le faux luxe, c'est un packaging qui essaie de signaler le luxe avec les mêmes codes visuels (noir, or, relief, typographie serif) sans avoir la cohérence stratégique, la qualité d'exécution, ni le positionnement qui justifient ces codes. Le résultat est immédiatement perçu par l'acheteur, même s'il ne peut pas l'expliquer. Quelque chose sonne faux. Le packaging semble imiter plutôt qu'incarner. Et cette impression de "faux luxe" est pire qu'un packaging honnêtement mid-range, parce qu'elle crée une dissonance qui nuit à la confiance.

Le faux luxe ne trompe personne. L'acheteur ne sait pas toujours pourquoi quelque chose lui semble faux. Mais il le ressent, il hésite, et il passe souvent au concurrent dont le packaging est cohérent avec ce qu'il prétend être.

La distinction entre premium et faux luxe ne tient pas dans le budget de production. Elle tient dans la cohérence entre le positionnement stratégique, les codes visuels choisis et la qualité d'exécution globale. Un packaging premium bien construit avec des matières modestes peut dépasser un packaging faux luxe avec des finitions coûteuses.


Ce que l'acheteur perçoit avant de lire

Le cerveau humain traite les informations visuelles et tactiles en parallèle du traitement conscient, et souvent avant lui. Avant de lire le nom de la marque, avant de regarder le prix, avant d'analyser les arguments de la fiche produit, l'acheteur a déjà formé une impression globale sur le niveau de la marque. Cette impression se construit depuis des signaux précis que voilà comment décoder.

La hiérarchie visuelle. Un packaging premium respire. Il y a de l'espace. Les éléments ne se disputent pas l'attention. L'oeil sait immédiatement où aller en premier, en deuxième, en troisième. Cette clarté hiérarchique est perçue comme un signal de confiance et de maîtrise. Un packaging qui met tout en avant met rien en avant, et l'acheteur ressent ce chaos visuel comme un manque de soin.

La qualité de la matière perçue. En e-commerce, l'acheteur ne touche pas le packaging avant d'acheter. Il évalue la qualité de la matière depuis la photo. C'est pour ça que la photographie de packaging premium est un exercice très précis : elle doit rendre perceptibles les textures, les reliefs, les finitions, les épaisseurs. Un packaging premium mal photographié perd la moitié de ses signaux.

La cohérence globale. Chaque élément du packaging parle le même langage ou ne le parle pas. Une typographie premium sur un fond mal choisi crée une dissonance. Une finition mate impeccable sur une impression légèrement cheap la souligne plutôt qu'elle ne la compense. La cohérence globale est perçue instantanément, même si l'acheteur ne peut pas identifier précisément l'élément discordant.


Les finitions qui parlent à la place du prix

Les finitions sont les signaux de valeur les plus puissants et les plus mal compris en packaging. Beaucoup de fondateurs pensent qu'une finition premium coûte forcément beaucoup plus cher. C'est parfois vrai. C'est surtout une question de choix stratégique sur quelle finition sert le mieux le positionnement, pas d'accumulation de toutes les finitions disponibles.

Le soft touch. C'est probablement la finition qui crée l'impression de qualité la plus immédiate et la plus universelle au toucher. Un packaging soft touch dit "ce produit a été pensé dans ses détails" avant que l'acheteur ait regardé quoi que ce soit d'autre. En cosmétique premium et en lifestyle, c'est un signal fort et cohérent avec les deux positionnements.

Le mat vs le brillant. Le mat signale généralement le premium contemporain. Il est sobre, il ne cherche pas à attirer l'attention, il assume. Le brillant peut signaler le premium dans certains contextes (champagne, bijouterie) mais il est plus facilement associé au faux luxe quand il est mal utilisé. La règle générale : le mat est plus difficile à rater que le brillant.

Le vernis sélectif. Utiliser un vernis brillant uniquement sur le logo ou un élément clé du packaging, sur un fond mat, crée un contraste qui attire l'oeil sur ce qui est important et signale un soin dans l'exécution. C'est une finition relativement accessible qui produit un effet premium significatif si elle est bien utilisée.

Le relief et l'estampage. Le relief à chaud (dorure, argenture) et l'embossage (relief sans couleur) signalent le haut de gamme de façon immédiate, particulièrement en cosmétique et en parfumerie. Leur efficacité dépend entièrement du contexte : sur un fond approprié, avec une typographie cohérente, ils renforcent le positionnement. Utilisés sur un packaging dont les autres éléments ne sont pas au niveau, ils créent la dissonance du faux luxe.

Le grammage du papier. Un packaging dont le carton est épais et rigide dit quelque chose de différent d'un packaging en carton fin qui se déforme légèrement. Cette différence est tactile et se perçoit à la réception. En e-commerce, où l'unboxing est un moment de vérité pour la marque, le grammage est un signal de valeur qui se révèle à l'ouverture et qui conditionne l'expérience de marque à la réception.

Les finitions premium ne s'accumulent pas. Elles se choisissent. Un packaging avec une seule finition bien choisie et bien exécutée est presque toujours plus fort qu'un packaging qui empile le soft touch, le vernis sélectif, le relief et la dorure sans cohérence globale.


La hiérarchie d'information : moins c'est plus

L'une des erreurs les plus fréquentes dans les packagings qui essaient d'être premium sans y parvenir : ils disent trop. Trop d'arguments, trop de certifications, trop de textes explicatifs, trop de signes de qualité empilés les uns sur les autres. L'intention est bonne : montrer tout ce qui justifie le prix. L'effet est contre-productif : le packaging semble anxieux, comme s'il ne faisait pas confiance à lui-même pour convaincre sans explication.

Les packagings premium disent moins parce qu'ils font confiance à leurs signaux visuels pour créer la perception de valeur sans argumentation. Aesop ne liste pas ses ingrédients en gras sur la face principale de ses produits. Le nom de la gamme et la référence suffisent. La qualité est présupposée, pas démontrée. Cette sobriété est en elle-même un signal de positionnement.

L'espace blanc sur un packaging premium n'est pas un oubli. C'est une décision. L'espace dit "cette marque n'a pas besoin de tout expliquer". Il crée une respiration visuelle qui signale la maîtrise plutôt que la compensation. Et cette maîtrise est perçue comme un signe de qualité, même si l'acheteur n'analyse pas consciemment le mécanisme.

La hiérarchie d'information sur la face principale d'un packaging premium suit une logique simple : un élément dominant (le nom de la marque ou le nom du produit), un élément secondaire (la gamme, la référence, la variante), et très peu d'autre chose. Tout ce qui n'est pas indispensable à la décision d'achat sur la face principale migre sur les faces secondaires ou disparaît entièrement.


Couleurs et typographies : les codes qui fonctionnent et ceux qui trahissent

Il n'y a pas de couleur intrinsèquement premium. Il y a des combinaisons de couleurs, de typographies et de finitions qui créent des signaux cohérents ou incohérents avec un positionnement premium donné, dans un secteur donné, pour une cible donnée.

Ce qui fonctionne

Les palettes monochromes ou très limitées (deux couleurs maximum sur la face principale) signalent généralement la maîtrise et la sobriété. Une palette chargée crée visuellement le sentiment d'un manque de discipline.

Les typographies serif contemporaines (ni trop classiques ni trop tendance) créent un signal d'élégance durable. Les typographies sans-serif géométriques, bien choisies, signalent le premium contemporain et la modernité. Ce qui est à éviter : les typographies tendance dont la durée de vie est de deux ans, parce qu'elles datent le packaging aussi vite qu'elles l'ont rendu contemporain.

Les contrastes forts et délibérés (texte blanc sur fond très sombre, texte sombre sur fond très clair) créent une lisibilité immédiate qui est en elle-même un signal de soin. Les contrastes faibles, souvent utilisés pour créer une impression de sophistication, ratent souvent leur cible parce qu'ils rendent la lecture difficile.

Ce qui trahit

Le noir avec de l'or. C'est la combinaison la plus utilisée pour signaler le premium, et la plus saturée. Dans la plupart des secteurs, elle ne dit plus "premium". Elle dit "j'essaie d'être premium". La sursaturation de cette combinaison dans le marché l'a vidée de sa force différenciante. Elle peut encore fonctionner dans des contextes très spécifiques (whisky premium, coffrets cadeaux), mais elle est rarement un choix stratégique fort.

Les dégradés. Sauf dans des contextes très précis et très maîtrisés, les dégradés sur les packagings qui veulent être premium créent presque toujours un effet "faux luxe". Ils suggèrent un effort là où le premium assume.

Les typographies décoratives. Elles cherchent à compenser un manque de direction créative avec de la décoration. Le résultat est presque toujours un packaging qui semble surchargé et daté simultanément.


Premium par secteur : cosmétique, animaux, lifestyle

Cosmétique premium

La cosmétique est probablement le secteur où les codes du premium sont les plus établis et les plus exigeants. Aesop a construit l'un des systèmes de packaging premium les plus cohérents et les plus durables du marché avec une approche radicalement minimaliste : typographie sans-serif, texte dense sur fond neutre, aucune illustration, aucune couleur distrayante. Le packaging ressemble presque à une étiquette pharmaceutique, et c'est précisément ce contraste avec les codes habituels de la beauté qui le rend immédiatement reconnaissable.

Diptyque, sur le segment parfumerie et bougies, a choisi une voie différente : typographie élégante, ovale signature, codes très propriétaires qui n'appartiennent qu'à eux. Le Labo joue sur l'artisanat assumé et les numéros de formules, créant un premium qui se distingue par l'authenticité plutôt que par le raffinement.

Ce que ces trois marques ont en commun : une cohérence totale entre le positionnement stratégique et chaque décision de packaging. Pas de compromis, pas d'éléments ajoutés pour "rassurer" l'acheteur. Une conviction assumée.

Pour les marques cosmétique qui cherchent à atteindre ce niveau de cohérence depuis leur propre identité, notre article sur ce qu'est vraiment un bon packaging et notre article sur les packagings qui ne vendent pas donnent des outils concrets pour évaluer l'état réel de son packaging.

Premium pour les animaux

Le marché du pet premium a explosé ces cinq ans et c'est l'un des territoires de packaging les plus intéressants à observer. Les acheteurs qui dépensent entre 50 et 200 euros par mois pour l'alimentation et les soins de leur animal ont des attentes de packaging qui ressemblent de plus en plus à leurs attentes sur leur propre cosmétique ou leur propre alimentation. Ils projettent leurs valeurs et leurs codes esthétiques sur ce qu'ils choisissent pour leur animal.

Ce que ça produit comme exigences packaging : des codes lifestyle plutôt que des codes vétérinaires ou pharmaceutiques. De la lisibilité et de la clarté sur les ingrédients et l'origine, mais présentées de façon désirable, pas comme une liste technique. Une identité visuelle cohérente sur la gamme (croquettes, compléments, accessoires) qui crée une appartenance à un univers. Et une expérience de réception soignée pour les commandes en ligne, parce que ces acheteurs partagent leurs unboxings.

Les marques qui ont compris ça, comme Lily's Kitchen au Royaume-Uni ou Forthglade, ont construit des packagings qui ressemblent davantage à des épiceries fines qu'à des rayons animalerie. Leurs acheteurs les photographient, les partagent, les exposent. C'est exactement l'effet qu'un packaging premium doit produire sur ce marché.

Ce qui reste un piège fréquent dans le pet premium : sur-illustrer. Les illustrations d'animaux mignons et expressifs ont saturé le marché du pet accessible. Les reproduire dans un contexte premium crée immédiatement une régression vers les codes du mid-range. Le premium dans ce secteur passe souvent par l'abstraction, la typographie et la palette, pas par la représentation de l'animal.

Lifestyle premium

En lifestyle, la marque billy illustre un mécanisme important : le premium qui casse délibérément les codes de son secteur. Dans un marché où les produits de bien-être intime utilisent soit des codes très cliniques (blanc, vert médical, typographies techniques) soit des codes très sexualisés, billy a choisi une troisième voie : le lifestyle pur, dégenré, avec des codes visuels qui appartiennent au monde de la mode et du beauty contemporain plutôt qu'au monde du bien-être intime.

Le résultat : un packaging immédiatement reconnaissable dans un marché où tout se ressemble, une cohérence parfaite avec la brand essence de la marque (facilité et fun), et une capacité à ouvrir des discussions avec des retailers qui n'auraient jamais regardé une marque au packaging générique. Ce n'est pas la finition qui fait le premium de billy. C'est la cohérence entre la stratégie de marque et chaque décision visuelle, poussée jusqu'au bout.


Prendre des risques en design premium : l'avantage que personne n'ose saisir

Le premium contemporain ne ressemble plus au premium d'il y a dix ans. Les marques qui dominent leur catégorie sur le segment premium aujourd'hui sont souvent celles qui ont osé casser les codes attendus de leur secteur, en restant parfaitement cohérentes avec ce qu'elles sont stratégiquement.

Glossier a révolutionné le packaging cosmétique premium en choisissant un rose poudré, des formes généreuses et un ton conversationnel là où le premium attendait la sobriété et la distance. La décision était risquée. Elle était aussi parfaitement cohérente avec le positionnement de la marque (beauty for real life) et avec sa cible réelle (les millennials qui rejetaient le premium inaccessible).

Oatly a transformé son packaging en surface éditoriale opinionée, avec des textes longs, des prises de position, de l'humour. Dans un secteur alimentaire qui cherchait à être premium par la sobriété et les codes naturels, cette direction créative était un risque énorme. Elle est devenue l'un des actifs de marque les plus puissants du secteur.

La distinction essentielle entre risque calculé et caprice créatif : un risque calculé découle d'une stratégie de marque solide. Il casse les codes du secteur de façon délibérée, depuis une conviction sur la cible réelle et le positionnement. Un caprice créatif casse les codes parce que le designer voulait faire quelque chose d'original, indépendamment de ce que la marque est et à qui elle parle. Le premier crée un avantage défendable. Le second crée un problème coûteux à corriger.

Pour aller plus loin sur la séquence correcte qui garantit que le risque design est calculé plutôt qu'intuitif, notre article sur le Deepbranding et notre guide complet sur le branding e-commerce donnent la méthode complète.


Le packaging premium en e-commerce : les contraintes spécifiques

Un packaging premium conçu uniquement pour le retail physique rate systématiquement en e-commerce. Les contraintes sont différentes, et elles doivent être anticipées pendant la conception, pas découvertes après la production.

La vignette miniature. Ce qui est magnifique en grand format peut être illisible à 80 pixels de large dans un résultat de recherche ou une fiche produit marketplace. Un packaging premium avec une typographie très fine et un fort contraste entre les éléments résiste généralement mieux que les packagings chargés. La règle : si le nom de la marque et l'élément principal ne sont pas lisibles et désirables à 80 pixels, le packaging a un problème en e-commerce.

Le feed publicitaire. En 1,5 secondes sur un feed Meta ou TikTok, le packaging premium doit créer le stop. Les packagings trop sobres et trop minimalistes peuvent parfois rater cet objectif : leur sophistication nécessite un regard posé qu'un feed publicitaire ne permet pas. La solution n'est pas de renoncer à la sobriété, c'est de construire un signal visuel fort qui fonctionne dans les deux contextes : rayon et feed.

L'unboxing comme moment de vérité. L'expérience de réception est le moment où le packaging premium livre ou ne livre pas sa promesse. Un packaging qui semble premium en photo et qui déçoit à l'ouverture (carton fin, finitions décevantes au toucher, intérieur banal) crée une dissonance qui nuit à la fidélisation. Les acheteurs premium sont précisément ceux qui partagent leurs unboxings, en bien ou en mal. L'investissement dans l'expérience de réception est directement rentabilisé par le contenu organique qu'il génère.


Ce qu'on voit trop souvent : le faux premium en pratique

Voilà les erreurs les plus fréquentes qu'on observe sur les marchés cosmétique, lifestyle et pet premium. Elles sont listées sans ménagement parce que les reconnaître est la première étape pour les éviter.

Le noir et l'or qui ne sauvent pas tout. C'est la combinaison faux-premium par excellence aujourd'hui. Appliquée sans stratégie sur n'importe quel packaging, elle crée immédiatement une impression de marque générique qui "essaie d'être luxe". Les acheteurs premium la reconnaissent et la fuient, précisément parce qu'ils savent que les vraies marques premium ne fonctionnent pas comme ça.

Les certifications empilées sur la face principale. Bio, vegan, cruelty-free, sans-gluten, sans-parfum : chaque certification est légitime individuellement. Les empiler toutes sur la face principale crée l'effet inverse du premium. Ça dit "je dois rassurer" là où le premium dit "je n'ai pas besoin de me justifier". Les certifications ont leur place sur les faces secondaires ou dans les informations produit, pas comme argument principal de la face principale.

Le "fait main" illustré. Les petites illustrations censées évoquer l'artisanat, les mains qui tendent un produit, les traits de crayon "naturels" : dans le marché premium, ces codes sont désormais associés au mid-range artisanal, pas au haut de gamme. Une marque qui veut signaler l'artisanat premium le fait par la typographie, les matières et le soin d'exécution, pas par l'illustration.

La surcharge d'informations "de valeur". Lister tous les ingrédients nobles, toutes les technologies propriétaires, tous les processus de fabrication sur la face principale dans l'espoir que l'acheteur lira et sera convaincu. Il ne lira pas. Il verra un packaging surchargé et passera.


Questions fréquentes : packaging premium

Quelle est la différence entre un packaging premium et un packaging luxe ?

Le luxe crée de la rareté et de l'exclusivité délibérées, s'adresse à une cible très restreinte et ne cherche pas à se justifier. Le premium propose une qualité supérieure à un prix significativement plus élevé que le marché standard, mais reste accessible à une cible plus large. Un packaging luxe ne cherche pas à convaincre. Un packaging premium doit créer la perception de valeur pour un acheteur qui découvre la marque pour la première fois.

Comment savoir si mon packaging est perçu comme premium ou comme faux luxe ?

Le test le plus efficace : montre le packaging à des personnes de ta cible réelle qui ne connaissent pas encore la marque, sans le contexte du prix ni de l'argumentaire produit. Demande-leur d'estimer le prix du produit. Si l'estimation est significativement en dessous de ton prix réel, le packaging ne fait pas son travail de justification de valeur. Si l'estimation est cohérente ou supérieure, le packaging envoie les bons signaux. Le diagnostic branding gratuit donne une lecture externe structurée de l'état réel du positionnement.

Quelles finitions donnent le meilleur rapport impact/coût pour un packaging premium ?

Le vernis sélectif (brillant sur fond mat) est probablement le meilleur rapport impact/coût. Il crée un contraste qui attire l'oeil sur ce qui compte et signale un soin dans l'exécution. Le soft touch est très efficace mais son coût est plus élevé. L'embossage sans couleur est fort sur les packagings avec une typographie élégante. Ce qui n'est jamais un bon rapport impact/coût : empiler toutes les finitions disponibles sur le même packaging.

Peut-on être premium avec un packaging minimaliste sur un petit budget ?

Oui. Le minimalisme bien exécuté est souvent moins cher à produire qu'un packaging chargé, et plus fort visuellement. La sobriété coûte moins en impression et en complexité de production. Ce qui coûte dans le packaging premium, c'est rarement la complexité visuelle : c'est la qualité du papier, les finitions choisies et la précision de l'exécution.

Le packaging premium doit-il être sobre ou peut-il prendre des risques visuels ?

Il peut et doit parfois prendre des risques. Les marques premium qui dominent leur catégorie aujourd'hui sont souvent celles qui ont cassé les codes attendus de leur secteur : Glossier avec son rose, Oatly avec son ton éditorial, billy avec ses codes lifestyle dans le bien-être intime. La sobriété n'est pas une règle du premium. La cohérence entre la stratégie de marque et chaque décision visuelle en est une. Un risque calculé depuis une stratégie solide est presque toujours un avantage compétitif. Un caprice créatif sans fondation stratégique est un problème coûteux.

Comment le packaging premium fonctionne-t-il différemment en e-commerce ?

Le packaging e-commerce doit fonctionner dans trois contextes que le retail physique ne connaît pas au même degré : la vignette miniature (lisibilité à 80 pixels), le feed publicitaire (stop en 1,5 secondes), et l'unboxing (moment de vérité à la réception). Un packaging conçu pour un seul de ces contextes rate les deux autres. Notre article sur les ventes perdues à cause du packaging détaille ces mécanismes.

Les codes du packaging premium varient-ils selon les secteurs ?

Significativement. En cosmétique, la sobriété et les finitions tactiles dominent (Aesop, Diptyque). En pet premium, les codes lifestyle et la lisibilité des ingrédients sont prioritaires. En lifestyle, la capacité à créer de l'UGC et du désir de partage est centrale. Ce qui est universel : la cohérence entre le positionnement stratégique et les décisions visuelles, la qualité d'exécution, et la hiérarchie d'information qui respire.

Faut-il un brand book avant de créer un packaging premium ?

Absolument. Sans brand book, les décisions de packaging premium sont prises à l'intuition. Et l'intuition du fondateur sur ce qui est "premium" est presque toujours biaisée par ses propres goûts plutôt que par les attentes de sa cible réelle. Le brand book définit les codes visuels qui sont cohérents avec le positionnement et la cible. Sans lui, le risque de créer un faux luxe plutôt qu'un vrai premium est élevé. Notre article sur ce que doit contenir un brand book et notre template gratuit sont les points de départ.

Wiiv accompagne-t-elle la création de packaging premium dans ces secteurs ?

Oui. Chez Wiiv, agence branding et packaging basée à Paris intervenant à Bordeaux, Lyon et Milan, la cosmétique, le lifestyle et le pet premium font partie des secteurs sur lesquels on intervient. Chaque projet commence par le branding stratégique si les fondations ne sont pas posées, puis la stratégie de gamme packaging, puis la création. L'ordre garantit que le packaging premium ne repose pas sur l'intuition mais sur une stratégie solide. Le deviseur en ligne donne une estimation en quelques minutes selon le périmètre du projet.

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Philippe Guibert
Informazioni sull'autore

Philippe Guibert

Co-fondatore ed Esperto di vendite online

Specialista in marketing e vendite online, in particolare su Shopify, Philippe è il co-fondatore dell'agenzia di branding wiiv. Il suo focus si basa sugli obiettivi e sulle performance del marchio.