Créer une marque ecommerce : La méthode Deep branding de wiiv.

Philippe Guibert
Créer une marque ecommerce : La méthode Deep branding de wiiv.

En résumé

Le Deep branding est la méthode de Wiiv pour construire l'identité stratégique d'une marque e-commerce avant d'aborder le design. Elle repose sur onze étapes : analyse du fondateur, analyse des clients et du marché, tagline, brand essence (Why / Mission / How), promesse, manifeste, valeurs, ton of voice, mots-clés, guidelines et leviers marketing. Ce travail produit un brandbook de 20 à 90 pages qui sert de socle à toutes les décisions de design, de communication et de développement commercial. La durée varie de 2 semaines pour un lancement light à 3 mois pour une réorientation de marque avec plusieurs BU. Wiiv est une agence branding, packaging et Shopify à Bordeaux, Lyon, Paris et Milan, spécialisée dans les marques e-commerce dans les secteurs food, cosmétique, mode et lifestyle.

La plupart des marques e-commerce commencent par le design. Elles choisissent des couleurs, font faire un logo, commandent un packaging. Et quelques mois plus tard, elles se retrouvent à recommencer, parce que quelque chose ne va pas, parce que le produit ne se vend pas comme prévu, parce que la marque ne parle pas aux bonnes personnes, parce que le fondateur lui-même ne sait plus très bien ce qu'il est en train de construire.

Ce n'est pas un problème de design. C'est un problème de fondation.

Chez Wiiv, on a développé une méthode qu'on appelle le Deep branding. C'est un processus stratégique complet qui précède systématiquement toute décision visuelle. Son objectif : creuser suffisamment profond pour que chaque choix de design qui suivra soit ancré dans une réalité de marché, une vérité de fondateur et une intention commerciale précise. Pas dans l'intuition, pas dans la tendance, pas dans ce que le fondateur préfère esthétiquement un mardi matin.

Ce processus se déroule en visio ou en rendez-vous client, sur une durée qui varie de deux semaines pour un lancement light à trois mois pour une réorientation de marque complexe avec plusieurs lignes de produits. Il produit un brandbook de 20 à 90 pages selon la complexité du projet. Et il transforme des marques.

"On a accompagné une marque dans le secteur de la santé féminine qui faisait quelques centaines d'euros par mois. Produit excellent, fondatrice brillante, mais une identité qui ne disait rien et qui parlait à tout le monde donc à personne. Quelques mois après le travail de Deepbranding et la refonte de marque qui a suivi, elle a atteint plus de 50 000 euros par mois. Le produit n'avait pas changé. La marque, si."

Philippe, cofondateur de Wiiv

Voici comment cette méthode fonctionne, étape par étape.


Pourquoi on commence toujours par la stratégie, jamais par le design

L'erreur la plus fréquente qu'on observe quand un fondateur arrive chez Wiiv sans avoir fait ce travail en amont, c'est une brand sans essence. Une marque construite sur des a priori, sur des suppositions non vérifiées sur la cible, sur un focus produit au détriment d'une vision, sur une direction visuelle choisie par goût personnel plutôt que par connaissance du marché.

Le résultat de cette erreur est toujours le même : la marque reste petite et inconnue, parce qu'elle n'a pas les leviers qui permettraient de la faire distinguer, de passer aux étapes suivantes, d'attirer les bons clients, les bons partenaires, les bons investisseurs. Elle tourne sur elle-même, sans traction.

Le design ne peut pas corriger un problème de positionnement. Il peut l'habiller. Il ne peut pas le résoudre. C'est pour ça que le Deepbranding précède toujours le travail visuel. Et c'est pour ça que les marques qui passent par ce processus ont des trajectoires radicalement différentes de celles qui ne l'ont pas fait.


Étape 1 : le fondateur

Tout commence là. Pas par le produit, pas par le marché, pas par la concurrence. Par la personne qui a décidé de construire cette marque et pourquoi.

Ce qu'on cherche dans ce travail d'exploration du fondateur, c'est ce que la plupart des briefs ne capturent pas : sa motivation profonde, sa vision personnelle à long terme, ses forces réelles, ses zones de risque, ses compétences distinctives, ce qu'il aime faire et ce qu'il évite. Ces éléments ne sont pas anecdotiques. Ils sont structurants.

Pourquoi ? Parce qu'une marque e-commerce, surtout en phase de lancement ou de croissance, est une extension de son fondateur. Elle porte son énergie, sa vision, ses convictions. Quand il y a un décalage entre ce que le fondateur est vraiment et ce que la marque prétend être, ça se sent. Les acheteurs le sentent. Les partenaires le sentent. Et le fondateur lui-même s'épuise à maintenir une posture qui ne lui correspond pas.

"C'est souvent l'étape qui surprend le plus nos clients. Ils arrivent en pensant qu'on va leur parler de leur produit, et on leur parle d'eux. Mais c'est précisément là que tout se joue. La marque qu'on va construire, elle doit être tenable sur cinq ans, dix ans. Si elle n'est pas ancrée dans qui est vraiment le fondateur, elle finira par craquer."

Cynthia, cofondatrice de Wiiv

C'est l'étape la plus sous-estimée par les clients, et souvent la plus transformatrice. Le travail sur la psychologie du fondateur, sans le prendre en compte, les projets partent souvent dans le mauvais sens, sur des intuitions sans ancrage marché ou avec une mauvaise interprétation de la vision. Ce que le fondateur pense vouloir construire et ce qu'il est vraiment capable de porter durablement sont deux choses qu'il faut aligner avant d'aller plus loin.


Étape 2 : les clients et le marché

Après avoir compris qui est le fondateur, on s'intéresse à qui sont les acheteurs réels, pas les acheteurs imaginaires.

Il y a presque toujours un écart entre la cible que le fondateur décrit en début de projet et celle qui va réellement acheter son produit. Cet écart n'est pas une erreur de jugement. C'est une réalité humaine : on construit pour des gens qu'on projette, pas forcément pour des gens qu'on connaît intimement. Le travail du Deepbranding est de combler cet écart avant qu'il coûte quelque chose.

Ce qu'on analyse dans cette étape : le profil psychographique et comportemental de l'acheteur réel (pas seulement son âge et son revenu), les moments et contextes d'achat, les alternatives qu'il considère, les critères de décision conscients et inconscients, les freins et les déclencheurs. On analyse aussi le marché dans son ensemble : taille, dynamiques, acteurs établis, segments saturés et espaces libres.

Cette analyse change tout ce qui vient ensuite. Le positionnement, le discours, les visuels, le packaging : chacun de ces éléments est une réponse à ce que l'acheteur réel perçoit, cherche et ressent. Sans cette connaissance, on travaille à l'aveugle.


Étape 3 : la tagline

La tagline n'est pas un slogan publicitaire. Ce n'est pas une formule créative qu'on invente parce que c'est joli. C'est la synthèse en quelques mots de ce que la marque promet, à qui, et pourquoi c'est différent.

Pourquoi on travaille la tagline à cette étape, avant même d'avoir finalisé le positionnement complet : parce qu'elle fonctionne comme un test. Si on n'est pas capable de formuler en une phrase ce que cette marque est et ce qu'elle apporte, c'est que le positionnement n'est pas encore assez clair. La tagline force la précision. Elle oblige à trancher.

Une bonne tagline fait trois choses simultanément. Elle dit à la cible "c'est pour toi". Elle dit à tous les autres "ce n'est peut-être pas pour toi". Et elle dit au marché "voilà ce que cette marque fait que les autres ne font pas". Ces trois effets en quelques mots, c'est un exercice de haute précision. Et c'est pour ça qu'on ne commence pas par ça : on arrive à la tagline après avoir fait le travail sur le fondateur et le marché, pas avant.


Étape 4 : la brand essence (Why, Mission, How)

La brand essence, c'est le coeur de la marque. Pas ce qu'elle vend. Pas ce qu'elle fait. Ce pourquoi elle existe, et comment elle compte y arriver.

Le Why : pourquoi cette marque existe au-delà de son produit. Quelle conviction porte-t-elle sur le monde ou sur son secteur ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi ce fondateur et pas un autre ? Le Why n'est pas un argument marketing. C'est une vérité de marque. Et quand il est authentique, il crée une connexion émotionnelle que le meilleur copywriter du monde ne peut pas fabriquer de toutes pièces.

La Mission : ce que la marque s'engage à accomplir concrètement. Pas "devenir la meilleure marque de son secteur" : ça, c'est un objectif, pas une mission. La mission dit ce que la marque change dans la vie de ceux qu'elle sert. Elle est opérationnelle. Elle guide les décisions de produit, de communication et de développement.

Le How : la façon distinctive dont la marque remplit sa mission. Ses méthodes, ses standards, ses partis pris. Ce qui la rend différente dans son approche, pas seulement dans son résultat. Le How est souvent ce qui distingue deux marques qui ont le même Why : elles veulent la même chose, mais elles n'y arrivent pas de la même façon.

Ces trois éléments forment la colonne vertébrale de tout ce qui vient ensuite. Chaque décision de design, de communication et de distribution doit être testée contre eux. Si ça ne s'aligne pas avec le Why, la Mission et le How, ça ne devrait pas exister dans la marque.


Étape 5 : la promesse

La promesse de marque, c'est l'engagement explicite que la marque prend envers son acheteur. Elle est différente du Why : le Why explique pourquoi la marque existe. La promesse dit ce que l'acheteur peut attendre de chaque interaction avec elle.

Une promesse de marque bien formulée est précise, vérifiable et tenue systématiquement. "Produits naturels de qualité" n'est pas une promesse. C'est une affirmation générique que cent autres marques font aussi. Une promesse, c'est quelque chose que la marque peut prouver, défendre et maintenir dans le temps, et qui crée une attente spécifique dans l'esprit de l'acheteur.

La promesse alimente le packaging (qu'est-ce qui doit apparaître en priorité sur la première face ?), le copywriting (quel argument doit être répété à chaque point de contact ?), le service client (qu'est-ce qu'on fait quand la promesse n'est pas tenue ?), et le développement produit (est-ce que ce nouveau produit respecte la promesse de la marque ?). C'est un filtre opérationnel à usage permanent.


Étape 6 : le manifeste

Le manifeste est le texte le plus humain du brandbook. C'est la voix de la marque dans sa forme la plus libre, la plus émotionnelle, la plus affirmée. Il ne vend pas. Il déclare.

On travaille le manifeste en co-construction avec le fondateur : on part de ce qu'on a extrait lors des étapes précédentes, on le formule dans une première version, on itère avec le fondateur jusqu'à ce que ça sonne vrai. Pas correct, pas poli, pas professionnel au sens corporate du terme. Vrai. Le fondateur doit pouvoir lire son manifeste à voix haute et le reconnaître comme quelque chose qui lui appartient.

L'intérêt du manifeste dépasse la communication externe. Il sert en interne, pour aligner les équipes, les prestataires et les nouveaux recrutés sur ce que la marque est vraiment. Il sert pour les pitchs investisseurs, pour poser rapidement le contexte émotionnel et la vision. Il sert pour les RP, comme base d'une histoire de marque que les journalistes peuvent s'approprier. Un manifeste bien écrit est l'un des outils les plus polyvalents du brandbook.


Étape 7 : les valeurs

Les valeurs de marque sont probablement l'élément le plus galvaudé du branding. "Authenticité, qualité, passion" : ce type de liste n'a aucune valeur opérationnelle. Tout le monde les affiche. Personne ne sait quoi en faire.

Les valeurs telles qu'on les travaille dans le Deepbranding sont des principes de décision, pas des mots sur un mur. Chaque valeur doit répondre à la question : qu'est-ce que ça interdit ? et qu'est-ce que ça impose ? Une valeur qui n'interdit rien et n'impose rien n'est pas une valeur. C'est un adjectif agréable.

Des valeurs bien formulées servent de filtre à toutes les décisions difficiles : est-ce qu'on fait ce partenariat ? Est-ce qu'on lance ce produit ? Est-ce qu'on répond à cette opportunité ? Est-ce qu'on recrute ce profil ? Quand les valeurs sont opérationnelles, ces questions ont des réponses objectives. Quand elles sont décoratives, chaque décision repart de zéro.

Dans le brandbook, chaque valeur est accompagnée d'une définition précise dans le contexte de la marque, d'exemples concrets de ce que ça veut dire au quotidien, et parfois d'exemples de ce que ça ne veut pas dire pour éviter les interprétations trop larges.


Étape 8 : le ton of voice

Le ton de voix d'une marque, c'est la façon dont elle parle, pas ce qu'elle dit. C'est la différence entre deux marques qui ont la même promesse et le même positionnement, mais dont l'une est mémorable et l'autre interchangeable.

Ce qu'on livre dans le Deepbranding sur le ton de voix : une liste de mots qui caractérisent la façon de s'exprimer de la marque, le contexte dans lequel ce ton s'applique (pas de la même façon sur une fiche produit, dans un email de service client, ou dans un post Instagram), et la liste des mots, formulations et registres à éviter absolument.

Cette dernière partie est souvent la plus utile. Dire à une marque comment elle parle est utile. Lui dire comment elle ne parle jamais est décisif. Les mots à éviter créent des garde-fous que même un prestataire extérieur peut appliquer sans avoir à consulter le fondateur pour chaque phrase.

Le ton de voix s'applique partout : le nom des produits, les descriptions, les emails, les réponses aux commentaires, les légendes de posts, les accroches publicitaires, les notifications push, les messages d'erreur du site. Partout où la marque s'exprime, le ton de voix est là. Et quand il est cohérent sur tous ces points de contact, la marque commence à avoir une personnalité reconnaissable indépendamment de ce qu'elle dit.


Étape 9 : les mots-clés de marque

Les mots-clés de marque sont différents des mots-clés SEO, même s'il y a parfois des chevauchements utiles. Ce sont les termes que la marque s'approprie dans sa catégorie : les mots qui définissent son territoire sémantique, qui caractérisent son univers, qui reviennent dans tous ses contenus avec suffisamment de régularité pour créer une association dans l'esprit de l'acheteur.

L'intérêt de définir ces mots-clés en amont : la cohérence sémantique. Quand toute l'équipe, tous les prestataires, tous les canaux utilisent les mêmes termes pour parler de la marque et de ses produits, un territoire se construit dans l'esprit des acheteurs. Ce territoire est un actif. Il rend la marque plus reconnaissable, plus mémorable, et plus difficile à imiter.

Les mots-clés de marque alimentent le naming des produits, le copywriting, les titres d'articles, les hashtags, les mots-clés SEO et les scripts vidéo. Ils forment une grammaire de marque que tout le monde peut utiliser sans formation spécifique.


Étape 10 : les guidelines

Les guidelines de marque sont la traduction opérationnelle de tout ce qui précède. Elles convertissent la stratégie en règles applicables par n'importe quel prestataire, sans que le fondateur ait besoin d'être présent pour superviser chaque décision.

Dans le Deepbranding, les guidelines ne se limitent pas à l'identité visuelle (même si elle en fait partie une fois le design réalisé). Elles couvrent aussi les règles de prise de parole, les contextes d'usage de chaque élément de marque, les exemples de ce qu'on fait et de ce qu'on ne fait pas. Elles répondent aux questions que les prestataires posent toujours, avant qu'ils aient besoin de les poser.

Ce qu'on évite dans les guidelines : les moodboards sans justification stratégique, les tableaux de personnalité de marque abstraits, les variations de logo que personne n'utilisera, les palettes de couleurs sans règles d'usage précises. Ces éléments encombrent le document sans produire de valeur. Un brandbook utile est un brandbook qu'on ouvre régulièrement, pas qu'on archive après livraison.

"On nous demande parfois pourquoi nos brandbooks font entre 20 et 90 pages selon les projets. La réponse c'est simple : on enlève ce qui ne sert à rien. Un brandbook de 90 pages chez nous, c'est 90 pages utiles. Pas 40 pages de contenu et 50 pages de mise en page décorative."

Philippe, cofondateur de Wiiv

Le brandbook est livré en PDF, avec une évolution prévue vers Notion pour les projets qui nécessitent une mise à jour continue et une collaboration en temps réel avec les équipes internes du client.


Étape 11 : les leviers marketing

C'est l'étape qui connecte le travail de marque à la réalité commerciale. Et c'est souvent celle qui crée le plus de valeur immédiate pour les fondateurs qui n'ont pas encore de stratégie marketing structurée.

Ce qu'on fait dans cette étape : identifier les canaux de communication et de vente prioritaires pour la marque, en cohérence avec le profil de la cible, le positionnement et les ressources disponibles. Pas une liste exhaustive de tout ce qu'on pourrait faire. Une sélection précise de ce qui a le plus de sens pour cette marque à ce stade de son développement.

On va plus loin que l'identification des canaux : on ébauche des déclinaisons en plan d'actions, avec des angles de contenu, des moments de vente, des formats prioritaires. Ce n'est pas un plan marketing complet, mais c'est suffisamment concret pour que le fondateur sache par où commencer et dans quel ordre.

Pourquoi c'est dans le brandbook et pas dans un document séparé : parce que les leviers marketing doivent être cohérents avec l'identité de marque. Un canal qui ne permet pas d'exprimer le ton de voix, les valeurs et la promesse de la marque n'est pas un bon canal pour cette marque, même s'il performe bien en général. L'intégration des leviers marketing dans le Deepbranding garantit cette cohérence.


Ce qu'on ne met pas dans un brandbook Wiiv, et pourquoi

Un brandbook n'a de valeur que s'il est utilisé. Pas archivé. Pas rangé dans un dossier "Identité 2027" qu'on ne rouvre jamais. Utilisé, au quotidien, par le fondateur, par l'équipe, par les prestataires. C'est pour ça qu'on a fait des choix clairs sur ce qu'on exclut systématiquement de nos brandbooks, et sur ce qu'on met à la place.

Les moodboards. Un moodboard est une étape de réflexion, pas un résultat. Il sert à explorer des directions créatives en interne, à aligner les intuitions visuelles au début d'un projet, à tester des atmosphères avant de prendre des décisions. Une fois ces décisions prises, le moodboard a rempli son rôle. Il n'a plus rien à faire dans le brandbook. Ce qu'on met à la place : des exemples visuels concrets de la marque terminée, en situation réelle. Pas des photos de stock inspirantes. Des applications réelles de l'identité sur les supports qui comptent, qui montrent exactement ce que la marque doit être dans la vraie vie.

Les tableaux d'analyse concurrentielle. Ces tableaux sont utiles pendant la phase stratégique pour cartographier le marché et identifier les espaces libres. Une fois la marque construite, ils n'ont plus de valeur opérationnelle pour celui qui utilise le brandbook au quotidien. Savoir que le concurrent A utilise du bleu et que le concurrent B utilise un serif ne dit rien sur comment appliquer l'identité de ta propre marque. On garde la lecture concurrentielle dans notre travail interne. On ne la transfère pas dans le livrable final.

Les règles d'espacement et les grilles techniques obsessionnelles. Combien de pixels entre le logo et le bord de la page. Les zones d'exclusion au millimètre. Les marges intérieures de la charte. Ces règles existent dans les manuels d'identité des grandes corporations qui ont des équipes entières dédiées à leur application. Dans une marque e-commerce en croissance, personne ne les respecte, personne ne les vérifie, et ce n'est pas elles qui font la marque. Ce qui fait la marque, c'est la cohérence des couleurs, la constance du ton, la reconnaissance du système visuel. Pas le nombre de pixels entre deux éléments. On documente ce qui est vraiment utilisé et ce qui a vraiment un impact sur la perception de la marque.

De façon générale : tout ce qu'un non-spécialiste ne comprend pas. C'est le principe qui guide tous nos choix éditoriaux dans un brandbook. Si une section nécessite d'être expert en design ou en stratégie de marque pour être lue et appliquée, elle n'a pas sa place dans un document qui est censé servir aussi bien le fondateur que son community manager freelance ou son photographe du mois prochain. Un bon brandbook, c'est un livre de cuisine, pas un traité de chimie alimentaire. Il donne des recettes claires, pas des théories inaccessibles. Chaque page doit répondre à une question qu'un utilisateur réel va se poser dans sa semaine de travail.

"On a reçu des brandbooks produits par d'autres agences lors de rachats de projets. Certains faisaient 120 pages. Magnifiques. Et quand on demandait aux fondateurs ce qu'ils utilisaient vraiment dedans, la réponse était toujours la même : les couleurs et les polices. Le reste, ils ne savaient pas à quoi ça servait. C'est exactement ce qu'on veut éviter."

Cynthia, cofondatrice de Wiiv

L'objectif d'un brandbook Wiiv, c'est qu'il soit ouvert régulièrement. Qu'il réponde aux questions avant qu'elles soient posées. Qu'il permette à n'importe quel prestataire de travailler dans le cadre de la marque sans supervision constante. Et qu'il reste pertinent et exploitable dans deux ans, pas seulement dans les deux semaines qui suivent la livraison.


Et ensuite seulement : le design

Une fois ces onze étapes franchies, le brief créatif pour le design se rédige presque tout seul. Les couleurs ne sont plus choisies parce que "c'est tendance" ou parce que "le fondateur aime le bleu". Elles sont choisies parce qu'elles correspondent aux codes du segment de prix visé, qu'elles se différencient de ce que font les concurrents, et qu'elles transmettent les bonnes émotions à la cible définie.

La typographie n'est plus une question de goût. C'est une question de signal : quel message envoie cette police à quelqu'un qui ne connaît pas encore la marque ? Est-ce qu'elle est cohérente avec le ton de voix ? Est-ce qu'elle fonctionne à toutes les tailles ?

Le logo n'est plus un exercice créatif en chambre. C'est la synthèse visuelle de tout ce qui a été défini : le territoire, la promesse, le positionnement. Il doit être reconnaissable, extensible et différenciateur dans son marché. Et on sait exactement comment le juger parce qu'on a les critères.

"Quand on arrive au design après le Deepbranding, les validations sont beaucoup plus rapides. Pas parce qu'on impose nos choix au client, mais parce que le client comprend pourquoi on a fait ces choix. Il n'y a plus de débat d'opinion. Il y a des décisions ancrées dans une stratégie qu'on a construite ensemble."

Cynthia, cofondatrice de Wiiv

Le design vient confirmer et amplifier ce que le Deepbranding a défini. Il ne le crée pas. Il le rend visible.


Ce que le Deep branding produit concrètement

A l'issue du processus, le client dispose d'un brandbook complet de 20 à 90 pages selon la complexité du projet. Ce document couvre l'ensemble des étapes décrites ci-dessus, plus l'identité visuelle complète une fois le design validé.

Ce brandbook est utilisable immédiatement et de façon autonome. Il sert de brief universel pour tous les prestataires : graphistes, photographes, copywriters, community managers, développeurs Shopify. Il sert de guide de décision pour le fondateur face aux choix difficiles. Il sert de document de référence pour tous les nouveaux entrants dans l'équipe, qu'ils soient salariés, freelances ou associés.

Mais le livrable le plus précieux du Deepbranding n'est pas le PDF. C'est la clarté que le fondateur a sur ce qu'il construit, pourquoi, pour qui, et comment. Cette clarté se voit dans chaque conversation commerciale, chaque pitch, chaque post. Et c'est elle qui fait la différence entre une marque qui tourne sur elle-même et une marque qui crée de la traction.


Pour quel type de projet le Deep branding est-il adapté ?

Le Deepbranding s'adapte à des contextes très différents. La durée et la profondeur varient, mais la méthode reste la même.

Pour un lancement de marque e-commerce : version light sur deux semaines, qui couvre les fondamentaux stratégiques et permet de démarrer avec une identité cohérente dès le premier jour. C'est la version la plus fréquente pour les fondateurs qui lancent leur premier produit ou qui entrent sur un nouveau marché.

Pour une refonte ou un repositionnement : version standard sur un à deux mois, qui intègre un audit approfondi de ce qui existe, une analyse des raisons pour lesquelles la direction actuelle ne fonctionne pas, et une reconstruction complète du territoire de marque. C'est la version la plus transformatrice, souvent déclenchée par un plafond de croissance ou un écart entre ce que la marque projette et ce qu'elle veut être.

Pour une marque avec plusieurs lignes de produits ou plusieurs BU : version complète sur deux à trois mois, qui intègre l'architecture de marque (comment les différentes lignes coexistent sous une identité commune), les déclinaisons spécifiques par ligne, et un système de gouvernance de marque pour maintenir la cohérence dans le temps.


Ce que le Deep branding change durablement

Les effets du Deepbranding ne se limitent pas au lancement ou à la refonte. Ils se mesurent dans le temps, à chaque étape du développement de la marque.

Sur les ventes : un positionnement précis attire les bons acheteurs et réduit la friction à l'achat. Le prix perçu est aligné avec le prix réel. Les remises et négociations diminuent. Le taux de réachat augmente parce que la promesse est tenue à chaque interaction.

Sur la distribution : les distributeurs et revendeurs reçoivent une marque qui sait ce qu'elle est et à qui elle parle. Le risque perçu d'un référencement diminue. Les portes s'ouvrent plus facilement.

Sur le financement : les investisseurs voient une marque pilotée avec une vision et une méthode. Le brandbook est un actif dans un dossier de levée de fonds. Il dit que le fondateur pense long terme.

Sur le quotidien opérationnel : les guidelines font gagner des heures chaque semaine. Les prestataires travaillent de façon cohérente et autonome. Les décisions difficiles ont un cadre. Les briefs se rédigent en quelques minutes.

Sur la croissance : une identité construite pour durer permet les extensions de gamme, les collaborations, les pivots, sans repartir de zéro à chaque fois. Le capital de marque s'accumule au lieu de se diluer.


Questions fréquentes sur le Deep branding et la méthode de branding de Wiiv

Qu'est-ce que le Deep branding ?

Le Deepbranding est la méthode de Wiiv pour construire l'identité stratégique d'une marque e-commerce avant d'aborder le design. Il repose sur onze étapes : analyse du fondateur, analyse des clients et du marché, tagline, brand essence, promesse, manifeste, valeurs, ton of voice, mots-clés de marque, guidelines et leviers marketing. Le processus produit un brandbook de 20 à 90 pages selon la complexité du projet.

Pourquoi commencer par le fondateur dans un projet de branding ?

Parce qu'une marque e-commerce est une extension de son fondateur. Si l'identité de marque ne correspond pas à ce que le fondateur est vraiment et à ce qu'il est capable de porter durablement, elle finit par se fissurer. Le travail sur la psychologie, la vision et les convictions du fondateur évite les a priori et les mauvaises directions qui obligent à tout recommencer six mois plus tard.

Quelle est la différence entre une brand essence et une promesse de marque ?

La brand essence (Why, Mission, How) explique pourquoi la marque existe et comment elle entend accomplir sa mission. La promesse est l'engagement explicite que la marque prend envers son acheteur : ce qu'il peut attendre de chaque interaction. La brand essence est une vérité interne. La promesse est une vérité externe, directement perçue par l'acheteur.

Combien de temps prend un projet de Deep branding ?

La durée varie de deux semaines pour un lancement light à trois mois pour une réorientation de marque avec plusieurs lignes de produits. La version standard pour une refonte ou un repositionnement se situe entre un et deux mois. Le processus se déroule en visio ou en rendez-vous client, en mix de travail collaboratif et de travail autonome de l'équipe Wiiv.

Qu'est-ce qu'un brandbook Wiiv contient ?

Un brandbook Wiiv contient les onze étapes du Deepbranding plus l'identité visuelle complète une fois le design validé. Il fait entre 20 et 90 pages selon la complexité du projet. Il est livré en PDF, avec une évolution prévue vers Notion pour les projets nécessitant une mise à jour continue. Chaque page est utile et opérationnelle : Wiiv ne remplit pas les brandbooks avec du contenu décoratif.

Wiiv travaille avec quel type de marques e-commerce ?

Wiiv accompagne les marques e-commerce dans les secteurs food et boissons, cosmétique et beauté, mode et lifestyle, vins et spiritueux. L'agence intervient à Bordeaux, Paris, Lyon et Milan, et accompagne la majorité de ses projets à distance ou en face à face. Elle gère les étapes stratégie, design et préparation des fichiers techniques. La production physique est assurée par des partenaires sélectionnés.

Est-ce qu'on peut faire du Deep branding si on a déjà une marque existante ?

Oui. Le Deepbranding s'adapte aussi bien aux lancements qu'aux repositionnements et aux refontes. Pour une marque existante, le processus intègre un audit de ce qui existe, une analyse des raisons pour lesquelles la direction actuelle ne produit pas les résultats attendus, et une reconstruction du territoire de marque sur des bases stratégiques solides.


Prêt à construire une marque qui travaille pour toi ?

Si tu es en train de lancer une marque e-commerce, de refondre une identité qui ne fonctionne plus, ou d'étendre une gamme sans savoir exactement comment la rattacher à ce que tu as déjà construit, le Deepbranding est le point de départ.

Pas parce que c'est une case à cocher avant le design. Parce que c'est ce qui fait la différence entre une marque qui reste petite et inconnue, et une marque qui crée de la traction, attire les bons clients, convainc les bons partenaires, et tient dans le temps.

La première étape, c'est de comprendre ce que ton projet implique concrètement. Notre deviseur te donne une estimation en quelques minutes, calibrée sur ton secteur, ton stade de développement et la nature de ton projet.

laissez un commentaire
Philippe Guibert
À propos de l'auteur

Philippe Guibert

Co-fondateur & Expert ventes en ligne

Spécialiste du marketing et de la vente en ligne, notamment sur Shopify, Philippe est le co-fondateur de l'agence branding wiiv. Son focus est basé sur les objectifs et la performance de marque.